Entretien : réparer après une dispute, selon la méthode Gottman

Une dispute ne prédit pas, à elle seule, l’échec d’un couple. Les travaux de John Gottman et Robert Levenson, qui ont observé des couples sur plusieurs décennies, montrent plutôt que la manière dont les partenaires gèrent l’après-conflit est un indicateur décisif de la stabilité relationnelle. Le désaccord est ordinaire ; le mépris durable, l’escalade non interrompue et l’absence de réparation le sont beaucoup moins.

Pour comprendre ce que recouvre concrètement un repair attempt - ou tentative de réparation -, isspr.org a interrogé Étienne Van Acker, psychologue clinicien et thérapeute conjugal certifié à la Gottman Method. Installé à Bruxelles, il accompagne des couples en crise, notamment après des conflits répétitifs, des périodes de distance affective ou des épisodes de trahison.

Comprendre le repair attempt : une tentative, pas une formule magique

Claire Moreau : Que désigne exactement la notion de repair attempt dans la méthode Gottman ?

Étienne Van Acker : Un repair attempt est une action, une phrase, un geste ou un signal destiné à interrompre une dynamique conflictuelle et à ramener les deux partenaires vers une forme minimale de sécurité relationnelle. John Gottman le définit comme toute tentative, verbale ou comportementale, de réduire la négativité pendant ou après un désaccord. Cela peut être aussi simple que dire : « Je commence à m’énerver, pouvons-nous ralentir ? », toucher brièvement la main de l’autre, reconnaître un point valable ou proposer une pause.

Le mot important est « tentative ». La réparation n’est pas forcément élégante, ni immédiatement convaincante. Dans les couples en difficulté, elle peut même être maladroite : « Je ne veux pas qu’on se détruise pour ça », « Je suis nul pour parler mais je regrette mon ton », ou encore un humour un peu hésitant. Son efficacité dépend largement de la capacité du partenaire à la recevoir. Gottman et ses collègues ont montré que les couples durablement satisfaits ne sont pas ceux qui ne se disputent jamais, mais ceux qui savent réparer les moments où la discussion devient destructrice.

Dans son travail longitudinal avec Robert Levenson, John Gottman a notamment observé des couples sur plusieurs années à partir de discussions filmées et de mesures physiologiques. Les recherches menées dans ce cadre ont contribué à identifier des processus associés au divorce, parmi lesquels le mépris, la critique globale de la personne, la défensive et le retrait. Les célèbres « Quatre Cavaliers » ne sont pas une prophétie automatique ; ils constituent des signaux d’alerte. Le repair attempt vise précisément à empêcher que ces séquences se rigidifient.

A retenir : Une tentative de réparation ne résout pas nécessairement le problème de fond. Elle crée d’abord les conditions physiologiques et relationnelles pour pouvoir en reparler sans s’attaquer.

Claire Moreau : Pourquoi la réparation est-elle si importante après une dispute, y compris lorsque le conflit semble anodin ?

Étienne Van Acker : Parce qu’une dispute laisse rarement les deux personnes dans le même état émotionnel. L’une peut considérer que l’incident est clos au bout de dix minutes, tandis que l’autre rumine, se sent dévalorisée ou craint que le lien soit fragilisé. La chercheuse Sue Johnson, à l’origine de l’Emotionally Focused Therapy, a largement insisté sur ce point : dans de nombreux conflits de couple, la question implicite n’est pas seulement « Qui a raison ? », mais « Puis-je encore compter sur toi quand je suis vulnérable ? »

Cette dimension est cohérente avec la théorie de l’attachement formulée par John Bowlby. Dans une relation adulte, le partenaire devient souvent une figure d’attachement : une personne vers laquelle on se tourne en cas de menace, de stress ou de détresse. Une dispute peut donc activer des réactions disproportionnées en apparence. Le partenaire qui réclame immédiatement une explication peut craindre l’abandon ; celui qui se ferme peut avoir appris que l’intensité émotionnelle est dangereuse ou inutile.

La réparation sert alors à remettre un peu de prévisibilité dans le lien. Elle communique : « Nous avons eu un problème, mais je ne me retire pas de la relation. » Elle ne signifie pas : « Tu avais raison sur tout » ni « Le sujet est sans importance ». C’est une distinction essentielle dans l’accompagnement des couples. Réparer, ce n’est pas céder ; c’est protéger la relation assez longtemps pour traiter le désaccord.

Pour approfondir les mécanismes de dialogue qui limitent l’escalade, notre dossier sur la communication-couple détaille notamment la différence entre expression d’un besoin, accusation et demande concrète.

Quand le conflit déborde : corps, attachement et escalade

Claire Moreau : Comment reconnaître qu’un couple a besoin d’une pause avant de tenter une réparation ?

Étienne Van Acker, thérapeute de couple certifié méthode Gottman

Étienne Van Acker : Le signe le plus fiable est souvent physiologique. Dans les recherches de John Gottman et Robert Levenson, l’activation corporelle excessive - rythme cardiaque accéléré, tension musculaire, sudation, respiration courte - est associée à une moindre capacité à écouter, nuancer et résoudre un problème. Gottman parle de flooding, que l’on peut traduire par submersion émotionnelle. Lorsque le système nerveux est saturé, le cerveau traite plus facilement les propos ambigus comme des attaques.

Concrètement, une personne peut répéter la même phrase, interrompre sans cesse, hausser le ton, devenir sarcastique ou, à l’inverse, ne plus parvenir à parler. Le silence n’est pas toujours du mépris : il peut signaler une surcharge. Mais il devient problématique s’il se transforme en retrait punitif, sans explication ni retour prévu.

Dans mon cabinet, je propose aux couples de repérer leurs marqueurs individuels. Chez certaines personnes, c’est la chaleur au visage ; chez d’autres, le besoin impérieux de quitter la pièce, la gorge serrée ou l’impression que « tout devient noir ». Le repérage est plus utile que l’analyse après coup. Si l’on attend d’être à 9 sur 10 en intensité émotionnelle, la phrase de réparation risque d’être inaudible. Certains couples trouvent aussi utile d’échanger avec un tiers neutre sur ces mécanismes, par exemple via des plateformes d’écoute comme ecoutez-voir.fr.

Signal observé Risque pendant la dispute Réparation ou régulation utile
Voix qui monte, interruptions répétées Escalade et attaques personnelles Dire : « Je veux continuer, mais pas dans cet état. »
Silence figé, regard fuyant, corps fermé Retrait, interprété comme de l’indifférence Annoncer une pause et une heure de reprise
Sarcasme ou rire humiliant Mépris, blessure relationnelle durable Nommer le dérapage et présenter des excuses précises
Répétition des mêmes griefs Aucun traitement réel du problème Reformuler le besoin derrière la plainte
Menace de rupture utilisée pour gagner Insécurité et coercition Suspendre l’échange et chercher un cadre thérapeutique

Claire Moreau : Une pause ne risque-t-elle pas d’être vécue comme une fuite ou une manière de faire taire l’autre ?

Étienne Van Acker : Elle le risque, si elle est imposée sans cadre. Une pause réparatrice n’est pas : « Tu m’énerves, débrouille-toi » ou « Je ne te parlerai plus ». Elle comporte trois éléments : signaler son état, confirmer son intention de revenir et fixer un moment réaliste de reprise. Par exemple : « Je suis trop activé et je vais dire des choses injustes. Je prends trente minutes pour marcher, puis je reviens à 20 h 30 pour t’écouter. »

Les recommandations issues de la méthode Gottman évoquent souvent au moins vingt minutes de pause, car le retour à un niveau d’activation physiologique plus bas prend du temps. Mais il ne s’agit pas d’une prescription mécanique. Certaines personnes se calment en quinze minutes, d’autres ont besoin d’une heure. Ce qui compte est l’accord préalable : la pause ne doit pas devenir une disparition.

Il est également crucial de distinguer pause et évitement. Pendant la pause, on ne prépare pas un réquisitoire, on ne rassemble pas des preuves contre l’autre et on ne contacte pas un ami pour obtenir une coalition. On cherche à réguler son corps : marcher, respirer lentement, écouter de la musique, prendre une douche, écrire ce que l’on ressent sans l’envoyer. La recherche sur la réactivité au stress dans le couple rappelle que l’état physiologique influence directement la qualité des interactions.

Erreur frequente : Dire « J’ai besoin d’espace » sans préciser quand et comment la conversation reprendra. Pour un partenaire anxieux, cette formule peut sonner comme une menace d’abandon.

Claire Moreau : Pouvez-vous donner un exemple clinique anonymisé de cette différence entre une pause saine et un retrait destructeur ?

Étienne Van Acker : Je pense à un couple, appelons-les Nadia et Thomas, qui consultait après huit ans de vie commune. Lors des disputes, Nadia demandait des explications immédiates, tandis que Thomas quittait l’appartement pendant plusieurs heures sans répondre à ses messages. Lui disait vouloir éviter de crier ; elle vivait chaque départ comme une preuve qu’elle ne comptait pas. Les deux avaient, à leur manière, une stratégie de protection.

Le travail n’a pas consisté à décider lequel était « trop » ou « pas assez » émotionnel. Nous avons mis en place un protocole précis. Thomas devait dire : « Je suis saturé, je pars marcher quarante minutes, je reviens à 19 h 15. Je ne pars pas de la relation. » Nadia devait s’engager à ne pas le suivre, à ne pas multiplier les messages et à noter les deux demandes concrètes qu’elle voulait formuler au retour. Au début, cela leur paraissait artificiel. Trois mois plus tard, ils rapportaient moins de disputes interminables, non parce qu’ils étaient miraculeusement d’accord, mais parce qu’ils avaient cessé de confondre régulation et rejet.

La littérature sur l’attachement adulte, notamment les travaux de R. Chris Fraley et Phillip Shaver, aide à comprendre ces polarités. Certaines personnes tendent à intensifier la recherche de proximité sous stress ; d’autres privilégient la désactivation émotionnelle et la distance. Ces tendances ne sont pas des étiquettes définitives. Elles deviennent travaillables lorsque chaque partenaire apprend à traduire sa réaction en besoin compréhensible pour l’autre.

Des mots qui réparent sans minimiser la blessure

Claire Moreau : À quoi ressemble une bonne phrase de réparation, concrètement ?

Étienne Van Acker : Une bonne phrase de réparation est courte, spécifique et orientée vers la relation plutôt que vers la victoire. Elle évite le « mais » qui annule l’excuse. « Je suis désolé d’avoir crié, mais tu m’as provoqué » n’est pas une réparation complète ; c’est une justification suivie d’un déplacement de responsabilité.

Une formulation plus utile pourrait être : « J’ai élevé la voix et je t’ai coupée. Ce n’était pas acceptable. Je suis encore contrarié par le sujet, mais je veux le reprendre sans t’attaquer. » Cette phrase contient quatre informations : la reconnaissance du comportement, l’absence d’excuse défensive, la persistance possible du désaccord et l’engagement à continuer autrement.

Voici des formulations que je propose parfois comme points de départ, à adapter au langage du couple :

  • « Je crois que nous sommes en train de nous faire du mal. »
  • « Peux-tu me dire ce que tu as entendu de ma part avant que je réponde ? »
  • « Je reconnais que mon ton était méprisant. »
  • « Il y a une part de ce que tu dis que je peux comprendre. »
  • « J’ai besoin d’une pause, mais je veux revenir vers toi. »
  • « Je ne veux pas gagner cette dispute au prix de notre sécurité. »
  • « Je suis blessé, mais je ne veux pas te punir. »

Ces phrases ne sont pas des scripts destinés à manipuler l’autre. Elles doivent correspondre à une intention réelle. Si l’on dit « Je comprends » tout en roulant des yeux, le message non verbal l’emporte. John Gottman a beaucoup travaillé sur la synchronisation entre contenu verbal, expressions faciales, ton et comportements observables.

Claire Moreau : Faut-il présenter des excuses même quand on estime que le fond du grief est légitime ?

Étienne Van Acker : Oui, lorsque l’on a blessé l’autre par la forme. Il faut séparer deux questions : « Mon besoin ou mon désaccord est-il légitime ? » et « La manière dont je l’ai exprimé était-elle respectueuse ? » Une personne peut avoir raison de s’inquiéter d’une dépense importante, d’une charge mentale inégalement répartie ou d’un engagement non tenu. Elle n’a pas besoin de renoncer à ce sujet pour reconnaître : « Je t’ai insulté » ou « J’ai utilisé une information intime contre toi. »

Harriet Lerner, psychologue et autrice de travaux largement diffusés sur l’excuse et les relations familiales, insiste sur la nécessité d’excuses sans autojustification. Dans le couple, l’excuse utile ne demande pas immédiatement à être rassurée. Dire « Pardon, je suis vraiment horrible, tu dois me détester » déplace le travail émotionnel sur la personne blessée, qui se retrouve à consoler celle qui vient de lui faire du mal.

Une réparation plus solide comprend généralement : nommer les faits, reconnaître l’impact probable, exprimer un regret et annoncer un changement vérifiable. Par exemple : « Hier, j’ai lu tes messages sans ton accord. Je comprends que cela ait pu te faire sentir surveillée et en insécurité. Je le regrette. Si je suis inquiet, je te poserai une question au lieu de vérifier ton téléphone. » Le changement n’est jamais garanti par une phrase, mais la précision rend l’engagement évaluable.

La satisfaction relationnelle ne repose pas sur l’absence de frustrations. Elle dépend aussi de la perception que le partenaire prend les problèmes au sérieux. Notre analyse consacrée à la satisfaction-conjugale revient sur les facteurs qui soutiennent cette perception dans la durée.

Claire Moreau : Le pardon est-il une étape obligatoire de la réparation ?

Étienne Van Acker : Non. Le pardon ne peut pas être exigé, ni accéléré pour retrouver rapidement le confort du couple. La réparation relève d’abord de la responsabilité de la personne qui a contribué à la blessure. Le pardon, lorsqu’il advient, est une réponse possible de la personne blessée ; ce n’est pas une dette.

Les recherches de Robert Enright sur le pardon soulignent qu’il s’agit d’un processus complexe, distinct de l’excuse, de la réconciliation et de l’oubli. Pardonner ne signifie pas nier la gravité d’un acte, supprimer les conséquences ou reprendre immédiatement la relation au même endroit. Dans certaines situations, la réparation passe par une prise de distance ou par la séparation.

C’est particulièrement vrai après une trahison répétée, des mensonges importants ou des violences. Les mécanismes de reconstruction de la confiance demandent autre chose qu’une communication plus douce : transparence choisie, cohérence prolongée, compréhension des conditions ayant permis la rupture de confiance, et parfois accompagnement spécialisé. À ce sujet, l’entretien sur la reconstruction de la confiance après une trahison précise pourquoi les promesses générales ne suffisent généralement pas.

Recevoir la réparation et reconstruire un dialogue durable

Geste de réconciliation entre deux mains, symbole de la réparation après un conflit de couple

Claire Moreau : Vous dites que la réparation dépend aussi de la capacité à la recevoir. Cela ne risque-t-il pas de faire porter une responsabilité à la personne blessée ?

Étienne Van Acker : Il faut être extrêmement prudent sur ce point. La responsabilité première d’un comportement agressif, humiliant ou trompeur appartient à celui ou celle qui l’a adopté. Dire qu’une tentative de réparation doit être reçue ne veut pas dire que la personne blessée doit pardonner vite, minimiser son ressenti ou se rendre disponible sur commande.

En revanche, dans un conflit ordinaire entre deux partenaires de bonne foi, il est utile d’apprendre à reconnaître les signaux de désescalade. Certains couples ont développé une telle méfiance qu’une phrase comme « Je suis désolé » est immédiatement interprétée comme une manipulation. Cette prudence peut avoir une histoire réelle. Mais si chaque geste d’apaisement est rejeté sans discussion, le couple perd peu à peu ses voies de sortie.

Recevoir une réparation peut prendre des formes modestes : « J’entends que tu reconnais ton ton, mais je ne suis pas prête à continuer maintenant », ou « Merci de le dire. J’ai besoin que tu écoutes aussi ce qui m’a blessé. » Cela maintient une limite tout en signalant que la porte du dialogue n’est pas définitivement fermée.

Les recherches de Caryl Rusbult sur les processus d’accommodation dans le couple sont pertinentes ici. Elle a étudié la manière dont les partenaires répondent à des comportements négatifs ou décevants. Les réponses constructives, sans être passives, sont associées à une meilleure qualité relationnelle que les réponses systématiquement destructrices ou évitantes. Il ne s’agit pas d’absorber l’inacceptable, mais de choisir, quand cela est possible et sûr, une réponse qui ne multiplie pas les dommages.

Claire Moreau : Comment un couple peut-il éviter de refaire indéfiniment la même dispute ?

Étienne Van Acker : D’abord en admettant que certains problèmes ne se résolvent pas totalement. John Gottman a distingué les problèmes « résolubles » des problèmes « perpétuels ». Selon ses observations cliniques, une grande part des désaccords de couple - souvent présentée autour de 69 % dans les ouvrages de la Gottman Method - concerne des différences durables de personnalité, de valeurs, de rythme de vie, de rapport à l’argent, à la famille ou à l’intimité. Le but n’est pas forcément de faire disparaître ces différences, mais d’éviter qu’elles deviennent du mépris.

Prenons un sujet classique : l’un veut planifier les dépenses, l’autre préfère une approche plus spontanée. Ils peuvent se disputer chaque mois sans jamais « résoudre » leur différence de tempérament. Le travail consiste à transformer le conflit en négociation structurée : quel budget personnel est libre ? Quel montant exige une discussion ? Quelle peur se cache derrière la demande de contrôle ou derrière le besoin de liberté ?

Je recommande souvent une réunion hebdomadaire de vingt à trente minutes, en dehors des disputes, avec un ordre simple :

  1. Commencer par un élément apprécié chez l’autre durant la semaine.
  2. Aborder un seul sujet concret, plutôt qu’un inventaire de griefs.
  3. Décrire les faits et l’impact personnel avec des phrases en « je ».
  4. Formuler une demande réalisable et datée.
  5. Conclure par un accord, un désaccord assumé ou une prochaine étape.

Cette pratique n’empêche pas les tensions, mais elle réduit le besoin de régler les questions importantes à 23 heures, après une journée épuisante. Les ressources consacrées aux themes/communication peuvent également aider les couples à différencier l’écoute active de l’accord forcé.

Conseil : Ne cherchez pas à finir chaque discussion avec une solution parfaite. Cherchez à finir sans humiliation, avec une prochaine étape claire et la certitude que le lien reste praticable.

Claire Moreau : Dans quelles situations le repair attempt ne suffit-il pas et une aide extérieure devient-elle nécessaire ?

Étienne Van Acker : Il ne suffit pas lorsque la sécurité est compromise. En cas de violence physique, de coercition sexuelle, de menaces, de contrôle financier, de surveillance numérique, d’isolement social ou de peur durable, parler de « meilleure communication » peut être dangereux. La priorité est la protection de la personne concernée, l’accès à des ressources spécialisées et, si nécessaire, aux services d’urgence. La thérapie de couple n’est pas automatiquement indiquée lorsqu’il existe une violence coercitive, car la séance peut devenir un lieu supplémentaire de contrôle.

Une aide extérieure est aussi pertinente quand les mêmes conflits tournent en boucle malgré des efforts sincères, lorsque l’un des partenaires présente une dépression, une addiction, un traumatisme non traité ou un deuil qui pèse fortement sur la relation. Dans ces cas, le couple n’est pas forcément la cause unique du problème, mais il en subit les effets. Une consultation individuelle, médicale ou psychothérapeutique peut compléter le travail conjugal. Pour une information générale sur les ressources liées à la dépression, certaines personnes consultent aussi combattreladepression.com, sans que cela remplace une évaluation par un professionnel de santé.

Enfin, une thérapie devient utile lorsque les réparations sont purement verbales et jamais suivies de changement. Les excuses répétées après des insultes, des mensonges ou des promesses non tenues peuvent finir par aggraver la blessure. Une réparation crédible se mesure dans le temps : moins de répétitions du comportement, plus de transparence, une meilleure capacité à tolérer la frustration et des actes cohérents.